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Petite histoire très rapide de la sorcellerie (Beyrevra)

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beyrevra
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MessageSujet: Petite histoire très rapide de la sorcellerie (Beyrevra)   Lun 30 Juin - 14:35

Beyrevra

Non
, la sorcellerie n'est pas ce petit jeu de new âge, où l'on se déguise comme pour halloween et aller ensuite courir tout nu dans les parcs à la lueur de la lune. Ni pour éprouver et prouver son courage en peignant sur les pierres tombales des symboles, dont on ne connait même pas le nom .

On ne devient pas sorcier parce qu'on (ou con) vient d'écouter le dernier CD d'un groupe de hard rock ou visionner la dernière cassette des aventures de Charmed Potter contre Buffy. (Entre nous j'aime quant même le hard rock et je ne rate aucune des trois séries précitées).


La première chose à savoir: le sorcier n'est pas un hippie !!! A l'origine, le pratiquant n'est l'esclave d'aucune religion et s'il vénère le démon, c'est pour chercher à le mettre à son service pour dominer les autres.

Un poète m'a dit un jour "La sorcellerie, c'est comme un couteau : tu peux t'en servir pour beurrer tes tartines ou pour poignarder ton voisin !"

Depuis l’aube des temps, l’homme s’est toujours inquiété des phénomènes bizarres qui l’entouraient. Le feu, les éclairs, le jour qui disparait tous les soirs, le ciel qui va lui tomber dessus, la couche de mes zones, etc.

Afin de mettre du beurre sur son mammouth, une nouvelle sorte d’homme arriva. C’était le Grand Prêtre, qui lui avait une explication irrationnelle pour tout ce qui leur tombait sur la tête (c’est la faute aux démons – c’est grâce aux dieux). Une tribu d’herboristes qui savaient faire quelques tours de cartes, ont été jaloux de leur succès qui risquait de leur enlever l’auroch de la bouche. Ils les ont hargneusement diffamés, même si pour cela ils devaient débiner le secret de leurs tours à ceux qui n’en avaient rien à foutre. C’était la tribu des Rationalistes. Finalement, la nature étant ce qu’elle est, des rationalistes ont fricoté avec des Grands Prêtres, et ils s’échangèrent les secrets des tisanes et des chansons qu’il fallait entonner pendant que ça chauffe.

Les Grands sorciers étaient arrivés ! ! !.

C’est après les prêtres le deuxième métier du monde. Contrairement aux idées préconçues, la prostitution vint en troisième place pour pouvoir payer les services de ces hommes en robe.( comme leurs consoeurs les femmes, le port de la robe chez l’homme dénonce la vénalité)

Le mot sorcier tire son origine du latin sortarius , c’est à dire celui qui jette les sorts, c’est à dire (bis) celui qui prédit l’avenir en lançant des bidules (os, cauris, dés, nains, cailloux, coquilles de noix, etc… ). D’où l’expression : prédire le sort. Parfois, on l’accusait de ne pas prédire mais plutôt d’influencer le sort.

Les opportunistes sautant sur l’occasion, ont profité de cette croyance pour faire naitre l’expression sortilège et arrondir ainsi leurs fins de mois. L’avenir de l’homme ayant rarement l’exquise saveur d’un bonbon rose au miel à moins de l’avaler avec les dards de ces humbles ouvrières à la fois confiseuses et ailées. Ainsi donc ce qui arrivait à l’homme était de la faute aux démons et pas des dieux. Les dieux, eux se contentaient de punir les hommes parce qu’ils n’avaient qu’à pas être des hommes. Na ! ! ! Pas besoin d’être le pote élémentaire du Docteur WATSON pour deviner, que faute de s’en prendre aux démons, l’homme s’est retourné vers le Sorcier, pour lui faire un sort. Tel le catcheur justicier, les Grands Prêtres ont alors refait leur apparition.

Donc, et au risque de me répéter, l’opinion publique a voulu et veut encore que le sorcier soit le méchant, acoquiné avec le diable et qui n’agit que pour le bien du mal. Pour cela il devait aller à une rêve party présidée par le Grand Cornu et où l’on ne fumait pas que des harengs. De nombreux détails croustillants, et d’une vérité historique indéniable, nous sont parvenus grâce à la science innée de la très Sainte Inquisition pour l’art de l'interview sous la torture.
Donc, on se mit à distinguer les sorciers des mages ou magistes qui eux pratiquaient la magie blanche. Le mot grec magos signifie « prêtre sage
» et non pas magot comme nous aurions pu méchamment le croire (En chaldéen maghim = haute sagesse).

Il est ainsi normal de croire qu’avec des trucs pareils sur sa carte de visite, le mage ne risquait pas le buché. Et bien non ! Dans sa folie de purification le Pape et ses bulles les fit tous bruler (Et tant qu'on y est, pourquoi pas accuser les juifs et les protestants de sorcellerie).

Il suffisait d’être pas beau, intelligent et vivre à l'écart, pour avoir droit à son Sons et Lumières sur la place publique.
Ce genre de persécution n’est pas encore terminé, mais il se fait de manière plus insidieuse.

Grâce à ce massacre, vinrent les premiers martyrs. Et depuis toujours, lorsqu’il y des martyrs, ils se reproduisent au carré. Plus il en cramait, plus on en trouvait. Et ceux qui le jour les condamnaient au bucher, venaient le soir leur acheter de la poudre de succession avec succès.
Et c’est ainsi que la science et le savoir de nos anciens s’envolait en fumée, tandis que les représentants de «la Joie Céleste par la Terreur » vautraient les survivants dans la peste, l’ignorance et l’angélus.
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beyrevra
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VerseauCochon
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MessageSujet: Re: Petite histoire très rapide de la sorcellerie (Beyrevra)   Mer 20 Aoû - 10:21

Melmothia

>>> la sorcellerie n'est pas ce petit jeu de new âge, où l'on se déguise comme pour halloween et aller ensuite courir tout nu dans les parcs à la lueur de la lune.
Zut, Gardner aurait menti? Laughing

D’un point de vue sociologique :
Si tu as quelque expérience en voyance et en machie ce qui semble être le cas, tu sais ce que les humains désirent et qu’ils n’osent demander aux prêtres car ceux-là sont les gardiens de leur culpabilité (et que Dieu est dur mais c’est la loi, tout ça tout ça) : une voiture plus grosse que celle du voisin, des femelles ou des mâles, que papy crève pour toucher l’héritage, que leur patron crève, que Pamela qui n’a pas voulu coucher avec eux attrape la bolue (m’écrire pour une définition)... Le sorcier est leur mauvaise conscience.
Les instances officielles en robe jouent assez bien leur rôle de surmoi du côté de tous les pouvoirs officialisés et des restrictions (Dieu a dit Tu ne traverseras pas en dehors des clous), le sorcier celui de la grosse poubelle des désirs interdits ou de l’espoir inespéré, de la tétine qui vient se mettre toute seule dans la bouche quand on claque des doigts.
Il ne faut donc pas s’étonner ensuite qu’ils brûlent si bien.

D’un point de vue magique :
J’aurais tendance à distinguer sorcellerie et magie non selon la vieille opposition (conscience sans science vs science sans conscience) ni l’angle social sus-cité quoique je veux en garder cette idée de l’accomplissement « immédiat » du désir. Car il m’a semblé que dans les faits, Freud n’avait pas tout à fait tort.
Mes premières pratiques étaient sorcières (bougies diversement colorées, houba-houba grand Bidule sacré, et hop !). J’ai eu des résultats, et quelques beaux moments bien que floutés par la certitude que quelque chose clochait…. Il m’a fallu longtemps pour tester ce que je n’appellerai pas magie cérémonielle ni haute magie, car mes pratiques sont trop marginales, mais qui cependant en participe plus que de la sorcellerie.
La différence fondamentale me semble résider dans la nature même des pratiques. Tandis que la sorcellerie prétend agir sur le monde, la magie n’a pour vocation que de transformer l’opérateur. Evidemment, les énergies utilisées en Magie peuvent également servir à influencer, mais c’est pour ainsi dire, un bénéfice secondaire. La sorcellerie par contre, prend un raccourci, quitte à piétiner le parterre de fleurs.
Le quelque chose clochant était l’impression de réparer ma montre à coup de marteau.
Mon distinguo n’a rien à voir évidemment avec cette vieille opposition prétendant que la sorcellerie applique des règles sans les comprendre, je pense personnellement qu’elle les comprend différemment & ce qui en découle, avec d’autres techniques. Ma conviction cependant est que ce n’est pas la meilleure approche & que là où la magie drague le réel, la sorcellerie le viole.

Baballe dans le camp de Beyrevra.
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Ne soyez pas arrogant. Le cercle parfait de la lune ne dure qu'une nuit. [Sengai]
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